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C'est une des questions que j'ai le plus souvent de mes clients en phase de construction ou de rénovation : "Est-ce que je peux mettre du parquet dans ma cuisine ? Dans la salle de bain ? Est-ce que c'est vraiment fragile ? Comment on entretient ça ?"
Et pour être honnête, j'ai moi-même du parquet chez moi. Dans le salon, dans la cuisine, et oui, j'ai un plancher chauffant en dessous. Alors quand une cliente m'a posé la question la semaine dernière, je me suis dit qu'il était vraiment temps d'en faire un épisode de podcast, puis un article pour y revenir quand vous en avez besoin.
J'ai invité Nathan, chargé d'affaires chez Côté Parquet, un magasin spécialisé dans les revêtements de sol depuis une vingtaine d'années. Et autant vous dire qu'on a couvert le sujet de A à Z.
Avant de se demander ce qu'on peut faire ou pas, il faut déjà comprendre de quoi on parle. Parce que "parquet", ça ne veut pas dire la même chose selon les gens.
Le parquet massif, c'est un seul et même bloc de bois, de l'épaisseur choisie (12, 14, 16 mm et parfois bien plus). C'est le plus noble, mais aussi le plus sensible à l'humidité. Le bois, c'est un être vivant : quand il pleut, il gonfle. Quand il fait sec, il se rétracte. C'est sa nature.
Le parquet contrecollé, c'est le plus vendu aujourd'hui, du moins dans la région de Nathan. Il est composé d'une couche d'usure en bois noble (souvent du chêne, 3 à 4 mm) collée sur un support en épicéa ou en bouleau. Ce support en plusieurs couches croisées lui donne une stabilité bien supérieure au massif. Il peut coûter aussi cher qu'un massif dans les versions très travaillées, mais il tient mieux dans les pièces à hygrométrie variable.
Le stratifié, c'est de la poussière de bois compressée (du médium), avec une impression imitation bois par-dessus et une résine de protection. C'est le moins cher de la famille, et il a beaucoup évolué en termes de résistance.
Le vinyle (ou LVT), c'est un mélange de PVC, de pierre et de plastique. Il n'y a plus de bois du tout dans la composition. Une sous-couche est souvent intégrée directement dans la lame. C'est le revêtement le plus facile d'entretien et le plus résistant à l'humidité.
Spoiler : oui. Ou presque. Tout est une question de précautions.
Si vous ne voulez pas vous prendre la tête : choisissez le vinyle. Pas de bois, pas de risque, on peut le poser partout, y compris en salle de bain, en cuisine, en entrée. C'est aussi celui qu'on recommande aux personnes qui aiment nettoyer à fond régulièrement (on en reparle dans la partie entretien).
Le stratifié résiste bien aux pièces humides avec les technologies actuelles. Vérifiez tout de même la classe d'usage et la fiche technique.
Le parquet contrecollé en salle de bain, c'est possible. Nathan en a posé plusieurs. La condition : qu'il soit traité une fois en place, avec des joints d'étanchéité sur les côtés, et surtout qu'on évite l'eau stagnante. Si vous sortez de la douche et que vous n'essuyez pas derrière vous, votre parquet ne vous dira pas merci. Au bout d'une vingtaine d'heures, l'eau commence à traverser le vernis.
En cuisine : tous les revêtements sont viables. On n'est pas censé laisser de l'eau par terre dans une cuisine. Donc aucune restriction particulière.
La vraie question n'est pas "est-ce que je peux", mais "est-ce que je suis prêt à respecter quelques précautions élémentaires ?"

C'est une question qu'on me pose souvent, et la réponse dépend vraiment de l'usage.
Le huilé pénètre dans le bois. Il est plus indulgent sur les chocs, les impacts, les petits accidents du quotidien. Si vous faites tomber quelque chose, ça se voit moins, et ça se rattrape plus facilement. C'est pour ça qu'on le conseille plutôt au rez-de-chaussée, là où il y a le plus de passage, des chaussures, des chaises, des enfants.
Le vernis forme une couche de protection en surface.
Il résiste mieux aux taches (l'eau, le vin renversé, tout ce qui reste en surface). C'est pour ça qu'on le met plutôt à l'étage, dans les chambres, où on circule souvent pieds nus.
Ce qu'il faut savoir, et c'est une bonne nouvelle : les vernis d'aujourd'hui n'ont plus rien à voir avec les vieux parquets très brillants qu'on voyait dans les années 90. On trouve maintenant des finitions mat, extra-mat, voire "cachemire" (c'est le nom que donne une des marques à leur vernis ultra-mat). Même Nathan avoue qu'il a parfois du mal à distinguer un huilé d'un vernis mat à l'œil nu. J'en ai chez moi, en cuisine, et ça n'a rien du parquet vitrifié de la maison de votre grand-mère.
Un dernier point : si vous aimez les parquets avec du relief, brossés, avec des veines marquées, ils seront forcément huilés. Le vernis nécessite une surface lisse pour adhérer correctement.
Voici ce que Nathan m'a dit très directement, et je le trouve assez juste : si vous êtes maniaque du nettoyage, ne prenez pas de parquet.
Le bois, ça vit. Ce n'est pas du carrelage qu'on récure à fond chaque semaine. Trop d'eau, trop de produits, trop souvent, ça abîme la protection et ça change la couleur.
Concrètement, voici comment on entretient un parquet :
Au quotidien : l'aspirateur suffit largement
Si besoin : une serpillère légèrement humide (bien essorée), sur les traces ou taches ponctuelles
Une fois par mois : un nettoyage un peu plus poussé avec un savon naturel adapté au parquet
Pour les parquets vernis : il existe des produits "métallisants" qui nettoient et rebouchent les micro-rayures en même temps. Pratique pour garder un beau rendu dans le temps.
Et les robots laveurs ? Nathan n'a pas eu de retours négatifs de clients. La règle : que le robot ne laisse pas de flaque derrière lui. Si c'est juste une serpillère humide en mode automatisé, il n'y a pas de souci. Vérifiez quand même les caractéristiques du robot avant d'acheter.
Les vrais ennemis du parquet selon Nathan ? Le vomi et l'urine animale. Les deux attaquent très rapidement la couche de protection (en moins d'une heure). Il existe des produits spécifiques, mais il faut agir vite. Ce n'est pas la question la plus glamour de cet épisode, mais c'est celle dont vous vous souviendrez.
C'est souvent ce qui fait pencher la balance en faveur du parquet. Un parquet entretenu normalement, ça dure vraiment très longtemps.
Tous les 15 à 20 ans, on peut poncer le parquet pour lui redonner une nouvelle vie. Lors d'un ponçage, on enlève environ 1 mm de la couche d'usure. Si votre couche fait 3 à 5 mm (ce que propose Côté Parquet), cela vous laisse théoriquement 3 à 5 ponçages possibles, soit environ 60 ans de vie utile.
C'est quelque chose qu'on ne peut pas faire avec le stratifié ou le vinyle, qui sont à usage unique. Ces deux revêtements ont une garantie d'environ 25 ans en usage domestique, ce qui est déjà très bien, mais quand c'est abîmé, on repose tout. Pas de réparation possible.
Vous avez fait tomber quelque chose sur le parquet ?
Petit trou superficiel : un léger ponçage peut suffire
Trou plus profond : de la pâte à bois teintée (il en existe dans toutes les nuances de chêne), qu'on applique et qu'on ponce légèrement. Le résultat ressemble à un nœud naturel rebouché
Une lame vraiment abîmée : si le parquet est collé, il est possible de remplacer la lame en question

C'est peut-être la question numéro 1 en construction neuve. Et la réponse, c'est oui.
La plupart des revêtements sont aujourd'hui compatibles avec le plancher chauffant. Mais il y a une condition importante : préférer la pose collée à la pose flottante.
Pourquoi ? Parce qu'une pose flottante crée une lame d'air entre le revêtement et la chape. Cette lame d'air est isolante, et réduit donc l'efficacité du plancher chauffant. En posant le revêtement directement collé sur la chape, on profite pleinement de la chaleur.
Le parquet massif très épais (24 ou 27 mm) est moins adapté, pour la même raison : le bois est un isolant, et plus il est épais, moins la chaleur passe bien.
Mon retour d'expérience personnel : j'ai du plancher chauffant avec du parquet. Mes pièces d'eau carrelées chauffent plus vite, c'est vrai. Mais marcher pieds nus sur un parquet chaud le matin, c'est une sensation que le carrelage ne pourra jamais vous offrir.
Une précision qui mérite d'être faite : le "parquet flottant" n'existe pas.
Ce terme, qui agace Nathan (et tous ses collègues parquetteurs), désigne en réalité une méthode de pose, pas un matériau. Les lames s'assemblent par clipsage, sans être fixées au sol. C'est surtout utilisé pour le stratifié et le vinyle. Ce n'est pas du parquet.
Pose collée :
Silencieuse (les lames ne bougent pas)
Pas besoin de barre de seuil entre les pièces
Recommandée sur plancher chauffant
Possible de changer une lame abîmée
Pose flottante :
Plus simple à poser
Génère un léger bruit de claquement (atténué par une sous-couche en liège, latex ou caoutchouc)
Nécessite une barre de seuil tous les ~40 m² pour stabiliser l'ensemble
Convient pour les petites surfaces ou les rénovations légères
Sur la question des seuils entre les pièces : si vous faites une pose collée, il n'y en a pas besoin. Le parquet peut se prolonger d'une pièce à l'autre. Pour la jonction entre parquet et carrelage, on utilise un simple joint d'étanchéité, très discret.
Si vous construisez et que vous voulez que le parquet et le carrelage soient au même niveau (sans aucun ressaut), c'est tout à fait faisable. Il faut juste le prévoir en amont avec votre carreleur et votre parquetteur, en prévoyant un ragréage si nécessaire. Ne le demandez pas en fin de chantier.

Pour résumer rapidement :
Stratifié : le moins cher, idéal pour les chambres ou les petits budgets
Vinyle : environ 30 à 50€/m² pour un bon produit avec sous-couche intégrée
Parquet contrecollé : entre 60 et 140€/m² selon la qualité et le travail de finition
Parquet massif : entre 50 et 400€/m² selon l'essence, la largeur, le traitement
Une astuce que je conseille souvent à mes clients : mettre du vinyle partout, y compris dans les pièces d'eau. On peut le poser soi-même, on économise sur la pose d'un carreleur, et le résultat est propre, durable, et facile à entretenir.
Et pour finir sur une note un peu absurde : certains carrelages imitation parquet coûtent plus cher que du vrai parquet. Une imitation plus chère que l'original. Autant aller chercher le vrai.
Voici ce que Nathan m'a dit en conclusion, et je trouve que c'est le meilleur conseil de tout cet échange : ne vous noyez pas dans le technique. C'est le rôle du spécialiste.
Ce que vous avez à faire, c'est choisir ce qui vous plaît. Une teinte qui vous correspond, une matière qui s'accorde avec l'ambiance que vous voulez créer, quelque chose que vous aurez encore envie de voir dans 20 ans.
Parce qu'un parquet bien choisi et bien entretenu, c'est environ 60 ans de vie commune avec votre maison. Autant que ce soit quelque chose qui vous rend heureux chaque matin.

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