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Tu construis ta maison, tu penses aux plans, au budget, au terrain, aux finitions. Et le rangement dans tout ça ? C'est souvent la dernière chose sur la liste. Pourtant, c'est un sujet qui revient régulièrement dans les projets que j'accompagne : comment bien prévoir les espaces de rangement ? Comment ne pas arriver dans sa maison neuve avec toutes les mauvaises habitudes du logement précédent ?
C'est en cherchant à faire un épisode là-dessus que j'ai croisé sur Instagram le compte de la Fée du Tri. Élodie est home organizer, formée par Marie Kondo, aujourd'hui à la tête d'une formation et d'une communauté d'ambassadrices partout en France. On a discuté pendant plus d'une heure et demie, et franchement, ça m'a beaucoup appris.
Je te partage ici les grandes idées qui m'ont marquée, parce que je pense qu'elles sont vraiment utiles si tu es en train de construire ou de préparer un déménagement.
C'est sans doute la phrase que je retiendrai le plus de cet épisode : le rangement ne commence pas quand tu vides tes cartons. Il commence bien avant.
Quand tu construis une maison, tu as une opportunité que beaucoup de gens n'ont pas : repartir de zéro. Et cette chance de repartir de zéro, elle ne vaut quelque chose que si tu ne traînes pas derrière toi tout le bazar du logement précédent.
J'ai partagé pendant l'épisode ma propre petite histoire là-dessus : quand on était rentrés du Québec avec mon mari, on avait quatre malles. Deux ans plus tard, pour un déménagement d'appartement à appartement, il nous a fallu deux camions. Je me suis dit, mais c'est quoi ce truc, tu vois ? Les objets, ils s'accumulent sans qu'on s'en rende vraiment compte. Et si personne ne pose jamais la question "est-ce que j'en ai vraiment besoin ?", la maison neuve se retrouve remplie exactement comme l'ancienne, en deux ans.

L'erreur la plus fréquente qu'Élodie rencontre dans les maisons, c'est l'achat de rangements avant d'avoir fait le tri. On voit de belles boîtes en osier sur Instagram, on achète, on remplit, et six mois plus tard c'est le même bordel, juste un peu plus joli visuellement.
Pour elle, la séquence est immuable : le tri d'abord, le système ensuite. Et le tri, ça ne veut pas dire regarder ses affaires en survol en décidant vaguement de garder ou non. Ça veut dire sortir absolument tout d'un espace, poser chaque objet devant soi, et décider un par un.
Ce chiffre m'a bluffée : quand un accompagnement est fait avec une professionnelle, 60 % des objets sortent d'une maison en moyenne. 60 %. Quand on le fait seul, on tourne plutôt autour de 20-30 %. La différence, c'est le regard extérieur. Quelqu'un qui ne juge pas, qui pose les bonnes questions, et qui n'a aucun lien émotionnel avec ta spatule cassée.
Ce que j'en retiens pour la construction : si tu arrives dans ta maison neuve sans avoir trié avant, tu achèteras plein de rangements pour caser des choses dont tu n'as pas vraiment besoin. Et dans dix ans, tu te poseras exactement les mêmes questions qu'aujourd'hui.

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Ce que j'ai trouvé vraiment intéressant dans l'approche d'Élodie, c'est qu'elle parle de quelque chose qu'on a tendance à zapper : les objets ne sont pas juste des objets. Ils sont liés à des souvenirs, des périodes de vie, parfois des deuils ou des étapes qu'on n'a pas encore franchies.
Ce vieux pull qu'on garde "au cas où". Cette robe dans laquelle on ne rentre plus. Ce sac de grossesse qu'on ne peut pas se résoudre à donner. Ce ne sont pas des objets anodins, et c'est pour ça qu'on n'arrive pas à les lâcher quand on est seul face à ses affaires.
La solution d'Élodie dans ces cas-là : la boîte à souvenirs. Plutôt que de laisser l'objet errer dans un placard où il n'a pas vraiment sa place, on lui trouve un endroit dédié. On ne force à rien, on ne juge rien. Mais on ne laisse pas non plus l'objet prendre de la place dans l'espace du quotidien.
Et surtout, quand quelqu'un de l'extérieur pose les bonnes questions avec bienveillance, les décisions deviennent beaucoup plus faciles à prendre. C'est un peu ce que je vis aussi dans mon métier, d'ailleurs. En rendez-vous pour travailler sur des plans de maison, j'ai eu des gens qui ont pleuré. Parce que créer une maison, c'est intime, c'est une étape de vie. Et ça touche à des choses qu'on n'aurait pas forcément anticipées.
Une fois qu'on a trié, vient le système. Et là, Élodie a partagé une règle simple que j'ai trouvée vraiment parlante : si ranger quelque chose demande plus de deux mouvements, la plupart des gens ne le feront pas.
Ouvrir le placard à chaussures, poser les chaussures, refermer le placard : trois mouvements. C'est pour ça qu'il y a des chaussures partout dans l'entrée. Ce n'est pas une question de mauvaise volonté, c'est juste que le système ne s'adapte pas à la vraie vie.
C'est une information précieuse quand on dessine une maison. Est-ce que tes placards seront vraiment accessibles au quotidien ? Est-ce que la hauteur des étagères est adaptée à tout le monde, y compris aux enfants ? Est-ce que le chemin du canapé aux chaussures est réaliste ?
Et le système doit être personnalisé. Ce qui fonctionne chez une famille ne fonctionnera pas forcément chez une autre. Un mari grand va poser les choses en hauteur, là où tu les ranges en bas. C'est logique pour lui, ça te rend folle. Prévoir les rangements en pensant à tous les habitants de la maison, c'est exactement ce genre de détails qu'on peut anticiper sur les plans, avant même de poser la première brique.

Un autre principe d'Élodie qui m'a vraiment parlé : chaque objet doit avoir une "maison". Un endroit précis où il vit. Les piles usagées, un bocal marqué "piles HS" dans le placard de la cuisine. Les stylos, un pot dans le bureau et éventuellement un deuxième dans la cuisine si tu en as souvent besoin là-bas. Mais pas partout à la fois.
Il peut exister une petite zone de vrac dans ta maison, et c'est tout à fait normal. Le tiroir de la cuisine où tout finit, les trucs à réparer, les trucs en attente. Ça fait une zone tampon utile, à condition qu'elle soit régulièrement vidée et qu'il n'y en ait qu'une seule dans la maison.
Quand tu conçois ta maison neuve, ce principe peut vraiment t'aider à anticiper. Avant même d'emménager, une bonne question à se poser pour chaque objet : est-ce qu'il aura une vraie place là-bas ? Et si la réponse est non, peut-être qu'il ne mérite pas de faire le voyage.
On a aussi parlé des enfants, parce que c'est souvent un vrai sujet pour les jeunes familles qui construisent : comment faire pour que le salon ne devienne pas une crèche permanente ?
La réponse d'Élodie est directe : le problème des jouets qui envahissent une maison, ce n'est pas un problème d'enfants. C'est un problème d'adultes. Ce sont les parents, les grands-parents, les tontons, les tatas, qui font entrer les objets dans la maison. Ce sont eux qui ont la clé pour en faire entrer moins.
Elle-même, avec sa fille de trois ans : très peu de jouets, une petite zone bien définie dans le salon, et sa fille se débrouille parfaitement ainsi. Moins de choses, mais des choses choisies. Et au moment du rangement, ça ne prend pas dix minutes parce qu'il n'y a pas grand-chose à ranger.
Une autre option qui fonctionne bien : le roulement de jouets. On stocke une partie des jouets et on fait tourner, pour que l'enfant n'ait jamais l'impression d'avoir tout vu, sans que le salon ressemble à un magasin de jouets. Ça demande un peu d'organisation, mais ça peut vraiment changer le quotidien.
Ce que j'ai retenu de cet échange avec Élodie, directement applicable si tu es en train de construire :
Le déménagement dans une maison neuve, c'est peut-être le meilleur moment de ta vie pour faire un grand tri. Tu dois quoi qu'il arrive tout emballer et tout déplacer. Autant décider à ce moment-là ce qui mérite de faire le voyage et ce qui peut partir.
Dans tes plans, ça vaut vraiment la peine de te demander si tes rangements sont vraiment accessibles au quotidien. Est-ce que tu auras besoin de plus de deux mouvements pour ranger tes affaires ? C'est au moment des plans qu'on peut encore tout ajuster facilement.
Et acheter des boîtes et des organiseurs avant d'avoir trié et emménagé, c'est souvent de l'argent dépensé pour rien. Le système se construit une fois qu'on sait exactement comment on vit dans sa maison.
Si tu es déjà en train de te battre avec le désordre depuis des années, un accompagnement avec une home organizer peut vraiment valoir le coup, pas pour avoir une maison qui ressemble à Instagram, mais pour comprendre ce que tu gardes vraiment et pourquoi.
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