

Blog
Tu te demandes si construire une maison, c'est vraiment fait pour toi, surtout quand tu n'es pas bricoleur, que ton agenda est déjà surchargé et que tu ne connais personne dans ton entourage qui l'a fait ? Stéphanie s'est posé exactement les mêmes questions. Aujourd'hui, elle est chez elle dans la maison qu'elle a construite avec son conjoint Mike, et elle n'a aucun regret.
Dans cet épisode du podcast, elle raconte son aventure de A à Z : les premiers pas un peu flous, le choix du constructeur, un chantier qui s'est étiré sur deux ans et demi avec le Covid, et une surprise structurelle transformée en arche. Ce témoignage, c'est exactement le genre de retour d'expérience qui aide à se projeter quand on hésite encore à se lancer.
Stéphanie a 36 ans, Mike en a 38. Ils sont ensemble depuis 11 ans, vivent une vie professionnelle bien remplie tous les deux, pas d'enfants, un petit chien. Pas bricoleurs du tout. Et pourtant, ils ont construit leur maison dans le Grand Est.
Ce projet, il leur tenait à coeur tous les deux. Mike était un peu tiraillé entre la rénovation et la construction neuve. Stéphanie, elle, avait du mal à se projeter dans un bien ancien. Elle voulait créer leur propre cocon, de zéro. "J'ai ce côté un peu créatif, j'avais vraiment envie de pouvoir créer notre maison", raconte-t-elle.
Dans leur entourage, presque personne n'avait construit. Un couple d'amis, une cousine en autoconstruction. Pas vraiment de modèle, pas de retour d'expérience proche à portée de main. Ils se sont lancés un peu à l'aveugle. Et Stéphanie le dit elle-même : "Heureusement qu'on ne savait pas forcément tout."

Les 10 erreurs à éviter lors d'un projet de construction
Les erreurs les plus courantes mais aussi les plus dommage que j'ai observé chez mes clients ou toute personne qui se lance dans son projet de construction !
Stéphanie le dit avec beaucoup d'honnêteté : ils ont commencé "exactement comme tout le monde, c'est-à-dire en ne sachant pas vraiment par quoi commencer." Et c'est d'ailleurs de là qu'est né plus tard leur compte Instagram dédié à leur aventure.
Leur première étape ? Le rendez-vous avec leur banquier. Avant de regarder des terrains ou de parler à des constructeurs, ils ont voulu poser un cadre clair : quelle est leur capacité d'emprunt ? Vers quoi peuvent-ils se diriger ? C'est une étape que beaucoup sous-estiment ou remettent à plus tard. Eux, ils l'ont faite en premier. Et ils ont eu raison.
Ensuite, ils ont lancé en parallèle deux chantiers (de recherche, cette fois) : trouver un terrain et trouver un constructeur. Pas l'un après l'autre, les deux en même temps. Parce qu'une maison ne se choisit pas dans l'absolu : elle se conçoit en fonction du terrain sur lequel elle va s'implanter. Orientation, surface disponible, PLU, voisinage... Le terrain conditionne le plan. Donc autant y penser ensemble.
Stéphanie et Mike sont allés à un salon de l'habitat. C'est là qu'ils ont rencontré une commerciale avec qui le courant est tout de suite passé. "On a eu un bon feeling dès le départ", dit Stéphanie. Pour autant, elle est quelqu'un de méticuleux. Elle a quand même contacté d'autres constructeurs pour comparer. Et finalement, elle est revenue à cette première commerciale.
Ce que je trouve intéressant dans ce récit, c'est que le feeling a eu son importance, mais il n'a pas suffi à lui seul. Stéphanie a fait son travail de comparaison avant de prendre sa décision. Et ça, c'est exactement ce qu'il faut faire.
La commerciale les a aussi accompagnés dans la recherche de terrain, en veillant à ce que le projet de maison soit cohérent avec les caractéristiques du terrain repéré. Ce n'est pas anodin : tout le monde ne propose pas ce niveau d'accompagnement. Ils ont repéré deux terrains, et ont fini par choisir celui qu'ils considèrent aujourd'hui comme "le terrain de leurs rêves."
Si tu veux mieux comprendre les différences entre constructeur, architecte et maître d'oeuvre, j'ai justement un article qui démêle tout ça : Architecte, constructeur ou maître d'oeuvre : qui choisir pour construire sa maison ?

Le chantier a démarré en novembre 2020. En pleine période Covid. Et il s'est terminé fin mars 2023, soit deux ans et demi plus tard.
Deux ans et demi, ça peut faire peur. Mais il faut replacer ça dans son contexte : confinements, ruptures d'approvisionnement en matériaux, délais à rallonge sur toute la filière construction. Stéphanie et Mike ont géré ce calendrier étiré avec des travaux de finition qu'ils ont choisi de sortir du CCMI (le contrat de construction de maison individuelle) : le carrelage et la peinture, réalisés par des artisans de leur choix plutôt que par le constructeur. Un choix qui leur a donné plus de liberté sur ces postes.
Quand les murs ont commencé à s'élever, le conducteur de travaux leur a annoncé une mauvaise nouvelle : un poteau porteur au milieu du salon devait être bien plus large que prévu sur les plans, pour garantir la solidité de la structure. "La première douche froide", raconte Stéphanie. Elle qui n'aimait déjà pas vraiment ce poteau, voilà qu'il allait être encore plus imposant.
Mais il y a toujours des solutions. Et parfois, une contrainte force à aller chercher quelque chose qu'on n'aurait jamais imaginé autrement.
Ce poteau est devenu une arche. Une arche entre la cuisine et le salon, qui fait aujourd'hui partie des éléments que Stéphanie aime le plus dans sa maison. "J'adore cette arche au quotidien. Et si ce problème n'avait pas existé, je n'aurais sans doute pas eu l'idée." C'est ça, les contraintes dans un projet de construction : elles forcent à pousser la réflexion plus loin. Et les meilleures idées naissent souvent là où on ne les attendait pas.
Trois ans après le démarrage du projet, Stéphanie est chez elle dans une maison qu'elle a pensée, attendue, et co-construite pas à pas. Elle a même développé une passion pour le stylisme d'intérieur, en particulier les "vignettes" (un terme de stylisme, c'est-à-dire ces petits coins d'une pièce travaillés pour être esthétiques, qu'on voit dans les magazines déco). Elle partage son quotidien et ses inspirations sur son compte Instagram La Casa Palma.
Ce que son témoignage montre avant tout, c'est qu'on n'a pas besoin d'être expert, bricoleur ou issu d'une famille de constructeurs pour mener à bien un projet de maison neuve. Ce qui compte, c'est d'être bien accompagné, de ne pas brûler les étapes (budget, terrain, constructeur dans le bon ordre) et d'accepter que le chemin sera plus long, et parfois plus sinueux, que prévu.
Tu peux retrouver Stéphanie sur Instagram sur son compte La Casa Palma.
Oui, tout à fait. Faire appel à un constructeur de maison individuelle (via un CCMI) permet de déléguer l'ensemble des travaux à des professionnels. Tu n'as pas besoin de savoir manier une perceuse pour construire ta maison.
La première étape, c'est le financement : rencontrer ton banquier pour estimer ta capacité d'emprunt. Ensuite, tu peux lancer en parallèle la recherche de terrain et la recherche de constructeur. Ces deux démarches sont liées : le terrain conditionne le plan de la maison.
En moyenne, entre 12 et 18 mois de chantier une fois le permis de construire obtenu. Certains projets s'étirent davantage selon les aléas (météo, approvisionnement, travaux supplémentaires). Le projet de Stéphanie a duré deux ans et demi, en partie à cause des perturbations liées au Covid.
Oui. Il est possible de négocier avec le constructeur pour exclure certains lots (carrelage, peinture, cuisine...) du contrat, afin de les confier à des artisans de ton choix. Ça peut permettre de maîtriser le budget sur ces postes ou d'aller vers plus de personnalisation.
Le feeling avec l'interlocuteur compte, mais il ne suffit pas. Compare plusieurs constructeurs, visite leurs chantiers en cours, lis les avis clients, vérifie les assurances et demande à voir des maisons livrées. Et n'hésite pas à demander leur volume de constructions annuel : un constructeur qui fait 150 maisons par an aura plus de mal à maintenir une qualité constante qu'un qui en fait 30.
Cet article vous a plu ? 📌 Épinglez-le sur Pinterest pour le retrouver plus tard !


